Séance publique du 22 mars 2019, de la socio-économie à l’ethnologie…

Les débats et discussions se sont engagés sur le terrain du social et de l’ethnologie, ce qui n’est pas sans rappeler que l’ethnosociologie est une discipline scientifique et politique (vie de la cité) à part entière.

C’est par la politique d’insertion que le Président Clément Pernot inaugurait la séance. À la suite de plusieurs contacts fructueux avec des Présidents de Conseils départementaux (le Bas-Rhin notamment) il apparaît que le Jura mène des actions de terrains efficaces car au plus près de l’humain. Cela est rendu possible grâce à la forte implication des équipes du Département évoluant au sein du complexe milieu de l’aide sociale.

Le chef de l’exécutif a d’ailleurs rappelé qu’il ne s’agissait pas seulement d’aider mais aussi et surtout d’insérer : « l’insertion est la priorité absolue ! » a-t-il martelé.

Le rapport d’exécution de la convention du fonds d’appui aux politiques d’insertion 2018 relève : « le nombre de foyers bénéficiaires du RSA (Revenu de Solidarité Active) dans le Jura a diminué progressivement de fin 2015 à fin 2017 – fin 2015 on dénombrait 3945 foyers bénéficiaires contre 3573 fin 2017. » En septembre 2018, on notait une stabilité avec 3521 foyers.

1,340 million d’euros vient financer (Budget Primitif 2019) des actions liées à la réinsertion et à l’inclusion dans le monde du travail. Auquel s’ajoute 1,425 million d’euros pour soutenir les contrats aidés.

Comme on peut le mesurer à l’aune de cet exemple de politique sociale au long cours, le Jura entend être une Institution et un lieu au cœur de l’humain. Et il n’est pas étonnant que l’ordre du jour se soit achevé ce jour-là par une discussion et un vote à propos de la collection départementale d’ethnologie (lire ci-après). Il s’agissait de voter le retrait de l’appellation « Musées de France » ce qui pourra de facto ouvrir la voie aux dons des objets aux différents espaces muséographiques jurassiens – mis notamment en valeur par le réseau JuraMusées.

Interrogé sur la pertinence d’un tel vote, le Président Pernot a clairement précisé sa position.

Tout d’abord, vu le contexte socioéconomique contraint, il n’est pas question de construire un musée pour abriter cette collection. L’état de cette collection permet néanmoins d’envisager la perspective réaliste proposé lors de cette séance.

C’est ainsi que l’assemblée a voté, moins quatre abstentions, lesdits transferts des objets d’Arts et Traditions populaires. Ceux-ci continueront d’incarner la vie des Anciens aux multiples talents. Et l’ingéniosité et l’innovation, dont ils ont fait preuve, font toujours le Jura !

De tout, un peu, beaucoup…
  • « Aucun collège ne sera fermé sur cette mandature qui court jusqu’en 2021 ! » Réponse du Président aux inquiétudes sur l’éducation nationale en milieu rural, victime potentielle d’un sacrifice sur l’autel des chiffres. Comme si l’éducation, au même titre que la culture et le sport, devait rimer avec rentabilité…
  • Une demande d’enquête publique sur les travaux concernant la RD52 (Côte de Montaigu) a été évoquée durant le débat libre qui a suivi l’ordre du jour. L’exécutif a simplement répondu que la loi ne l’y obligeait pas et que la fermeture de la bretelle d’accès à la RD52 via la plaine de jeux allait redonner le calme qui sied à un quartier résidentiel.
  • Une communication importante a été faite au sujet du statut des Laboratoires Départementaux d’Analyses. En effet, cinq départements ont fait l’objet de plaintes, déposées auprès de la Commission Européenne et émanant de laboratoires privés. Ceux-ci estiment que les subventions publiques accordées aux LDA pouvaient être assimilées à de la concurrence déloyale. Or les LDA ont fait la preuve de leurs compétences et de leur réactivité, par exemple lors de crises sanitaires majeures. L’État peut compter sur eux ainsi que sur les Groupements de Défense Sanitaire (GDS).

Ethno késako !?

L’ethnologie est « l’étude des faits et documents recueillis par l’ethnographe (couvrant le domaine de l’anthropologie culturelle et sociale) ».
En un mot comme en cent, il s’agit d’illustrer (objets, écrits, photos, etc.) un mode de vie dans un endroit donné – et donc son identité.
Le Département est propriétaire d’une collection d’ethnologie constituée entre 1957 et 1992 à l’initiative de M. Bourgeois-Lechartier.
Aujourd’hui, la collection est stockée par le Département à Lons-le-Saunier.
« La collection est principalement constituée d’ensembles plus ou moins complets d’ateliers, documentés par des textes et des photographies. Ces ateliers illustrent les petits métiers et savoir-faire jurassiens dans le pays lédonien, le Revermont et le Haut-Jura. Elle est constituée d’un total de 3366 objets inscrits à l’inventaire et a reçu l’appellation « Musées de France », référencée par le ministère de la Culture sous le numéro MO343 Musée de l’artisanat jurassien à Baume-les-Messieurs, depuis la loi N°2002-05 du 4 janvier 2002. »

Cette collection va donc connaître une nouvelle vie en enrichissant différents musées du Jura.

Les images (cliquez pour agrandir)