publié le 16/02/2021

Contrat de plan État Région 2021-2027

À l’heure où un nouveau Contrat de Plan est lancé dans toutes les régions, le Président Pernot, suivi par les 14 intercommunalités du département, ne souhaite pas laisser passer cette opportunité.

Chaque région française finalise actuellement sa feuille de route avant les arbitrages menés lors du second semestre par le Gouvernement. Chacune d’entre elles reçoit notamment les projets de ses départements avant d’émettre son projet global et final. Si ceux du Grand-Est, de Provence-Alpes-Côte-d’Azur ou encore Occitanie sont déjà transmis, le Contrat de Plan État Région (CPER) de Bourgogne Franche-Comté est toujours en cours d’élaboration.

Le temps presse car les enjeux sont de taille. Le dernier CPER 2015-2020 était doté au plan national de plus de 30 Milliards d’euros.

Clément Pernot fonde donc en ce nouveau plan un grand espoir de financement dédié au développement du Jura, territoire rural par excellence empreint aux difficultés traditionnelles que connaissent les départements de ce type. C’est d’ailleurs tout l’esprit recherché par ce CPER dont l’objectif est de « renforcer la politique d’aménagement au service de l’égalité des territoires notamment ruraux ».

Et les propositions avancées sont à la hauteur de cet espoir. Le projet jurassien est adressé à la Région qui, quoiqu’il en soit, conserve le bénéfice du pré-arbitrage avant celui définitif du Gouvernement.

“Préparer demain et contribuer à un monde plus vertueux et durable

Cette phrase du Président Pernot résume à elle seule toute la philosophie qui qualifie les deux priorités du Département, liées à ses compétences essentielles : le développement touristique et la préservation des espaces naturels sensibles. Deux priorités : le désenclavement du Jura et du Haut-Jura, avec la nécessité de relancer les études pour la réalisation d’une liaison digne de ce nom vers la Suisse ; la réflexion à mener pour faire du Jura un territoire modèle et reconnu en matière de tourisme durable.

Le désenclavement du Haut-Jura par une liaison vers la Suisse

Depuis 1998, le département est bordé par l’A39 qui permet une desserte Nord/Sud sur sa façade Ouest. Afin d’améliorer les liaisons Est/Ouest du type Dijon-Lausanne, une étude a été réalisée en 1999 par les services de l’État visant à créer un axe en continuité de l’autoroute A39 (A391) près de Poligny et jusqu’à Vallorbe en Suisse.

Cette traversée Est/Ouest permettrait d’améliorer le franchissement des plateaux et des chaînes du massif Jurassien.

Deux solutions avaient alors été étudiées : la plus directe, d’une longueur de 73 km, part de Poligny, passe par Champagnole et rejoint directement Vallorbe. Son coût était estimé à l’époque à 1 milliard d’euros ; la plus longue, 94 km, mais aussi la plus naturelle compte-tenu du relief, part toujours de Poligny en passant par Champagnole mais rejoint Vallorbe via Pontarlier. Coût estimé dans cette configuration à 800 millions d’euros.

Aujourd’hui, le Jura, frontalier avec la Suisse, ne dispose que d’une seule liaison avec ce pays, celle via la RN5. L’État en charge de son entretien doit régulièrement entreprendre des travaux générant parfois des coupures et déviations de plusieurs mois, au détriment des échanges économiques entre les deux pays. Les désagréments et les dégradations engendrés sur les itinéraires de déviations ne sont pas non plus négligeables. Cette situation doit donc évoluer.

Pour le Jura, l’axe Dijon-Lausanne via Poligny-Vallorbe est jugé prioritaire pour les années futures, avec l’idée de remettre ce dossier au cœur des enjeux du développement régional et des relations vers la Suisse, sur un modèle à 2 fois 2 voies.

Le Président Pernot estime que de premiers financements pourraient être très rapidement engagés par l’État afin de lancer les études préliminaires.

Le Jura, un territoire modèle et reconnu en matière de tourisme durable

Le territoire jurassien est l’un des plus prisé de France mais pour assurer les nombreux flux touristiques, il est nécessaire de s’appuyer sur des infrastructures solides permettant l’accès aux différents sites. Et c’est bien par la route que ces flux s’organisent de manière ultra majoritaire.

Ainsi, « il n’est pas concevable d’investir dans le développement d’infrastructures touristiques sans avoir posé comme préalable l’accessibilité au territoire » rappelle Clément Pernot.

Ce défi est en partie relevé si le projet de liaison Dijon-Lausanne est relancé. Mais il ne sera pour autant qu’une composante d’une vision politique plus globale au bénéfice de toutes et tous, touristes, jurassiens et générations futures, largement concernés par un développement touristique durable.

Dans le cadre du nouveau CPER, l’État doit aussi consacrer des crédits à cet enjeu d’avenir pour le développement de territoires ruraux tels que celui du Jura.

Or les objectifs fixés par ce nouveau Contrat de Plan correspondent pleinement à ceux définis et partagés par les Élus jurassiens :

  • la préservation des ressources naturelles et culturelles par une gestion optimisée des espaces et des flux de touristes, la limitation des consommations (eau, énergie, matières premières et déchets), la réduction de l’empreinte carbone des activités (transport, chauffage, approvisionnement…) ;
  • l’adaptation au changement climatique, notamment par la réhabilitation de l’immobilier, le développement de l’intermodalité avec de nouvelles offres répondant aux attentes des touristes (écotourisme, slow tourisme, agrotourisme, tourisme de découverte industrielle, etc.) ;
  • le bien-être et le respect des populations locales et de leur culture, celui des salariés et des vacanciers par un tourisme inclusif, des emplois de qualité et le partage équitable des retombées économiques du tourisme sur les territoires ;
  • la promotion du tourisme durable et responsable par la sensibilisation des touristes à la nécessité d’adapter leur manière de voyager, d’aller vers des comportements et des offres plus responsables tant dans la consommation de biens et services, que dans les interactions sociales avec les populations locales.

Toute cette approche partagée participera à la structuration d’une offre d’excellence tant en termes d’attractivité que de responsabilité environnementale et sociale, autour des sites remarquables du Jura.

Le projet de transformation du Lac de Chalain, dont le Département est propriétaire, en est un premier exemple. Il vise à réduire le tourisme de masse qui jusque là était le seul maître étalon de son succès. Désormais, la préservation des ressources naturelles dont celle de l’eau n’est plus compatible avec ce modèle économique. Cette réorientation stratégique de ce domaine emblématique intitulé « retour vers l’avenir » va générer une montée en gamme des hébergements et une forte diminution de la capacité d’accueil afin de limiter la pression sur le lac. L’enjeu est également d’assurer la préservation des sites palafittiques classés par l’UNESCO. L’intégralité du réseau d’assainissement a aussi été repris.

Mais l’ambition du Président Pernot en matière de transition écologique concerne aussi beaucoup d’autres sites faisant l’objet de projets déjà largement avancés :

  • la base nautique de Bellecin idéalement située sur le lac de Vouglans ;
  • le site des 7 lacs et des cascades du Hérisson, celui de Château-Chalon et des reculées de Baume-Les-Messieurs. Tous deux font l’objet de projets d’Opérations Grand Site de France (OGS) dont la finalité est de gérer au mieux leur forte fréquentation afin de les préserver ;
  • la « Grande Saline » de Salins, site touristique à haute symbolique (culture industrielle) le plus visité dans le Jura avec 70 000 entrées payantes par an, doit également faire face aux enjeux importants d’afflux de visiteurs sur la période estivale ;

Quant à l’impérative nécessité d’inclure dans ces politiques une dimension significative de prospective, tous les élus partagent également la même vision autour des grandes priorités qui entrent aussi dans les objectifs du CPER :

  • le développement d’un tourisme 4 saisons sur tout le Haut-Jura, plus adapté aux enjeux du changement climatique et moins captif des infrastructures de ski alpin ;
  • la valorisation du capital historique culturel et touristique laissé par Pasteur dans le Jura, sa maison à Arbois et sa maison natale à Dole visant notamment à développer un espace de valorisation et de vulgarisation de l’expérience scientifique ;
  • les véloroutes et voies vertes s’inscrivent aussi dans ce schéma de préservation et de valorisation d’un tourisme durable et de ces sites remarquables. Déjà 180km accessibles. Le développement exponentiel de la pratique du vélo électrique permet de compléter cet aménagement avec des itinéraires qui permettront de rejoindre les plateaux jurassiens.

Deux priorités, deux projets : mobilité et tourisme durable ; qui correspondent donc aux critères de financement définis par ce nouveau Contrat de Plan État Région 2021-2027. Dès lors, la Région Bourgogne-Franche-Comté doit impérativement les retenir si elle souhaite assurer l’avenir du Jura, territoire touristique innovant, largement reconnu et dont le potentiel reste immense.

Les 1er et 5 février 2021, les 14 Établissements Publics de Coopération Intercommunale (EPCI) et le Conseil départemental du Jura ont donc validé ces priorités et demandé au Préfet de Région et à la Présidente du Conseil régional de les intégrer au CPER qui sera signé dans les prochains mois.