Agriculture et forêt

Les sites et lieux d’accueil traditionnels du Conseil départemental sont fermés au public jusqu’à nouvel ordre. Un accueil téléphonique est maintenu de 9h00 à 12h00 et de 13h00 à 16h00, du lundi au vendredi, jusqu’à la levée des mesures de confinement. Il est préférable de n’appeler qu’en cas de stricte nécessité…

Vous êtes dans : Accueil / Nos missions et compétences / Agriculture et forêt / Politique agricole

Politique agricole

LES CHAMPS D’ACTIONS DU DÉPARTEMENT

Le Jura est un département à dominante rurale, agricole et forestière. Culture, élevages, production laitière, fromagère et viticole, bois font l’identité et l’économie Jurassiennes.

Le Conseil départemental cultive quant à lui des champs d’actions qui illustrent sa volonté de soutien à tout un monde à forte valeur ajoutée.

La Loi NOTRe (2015), tristement célèbre dans l’univers des Départements français, a bouleversé les modes d’intervention directe, pratique et financière de l’Institution départementale sur les activités économiques.

Néanmoins, une convention en date du 14 décembre 2017 et passée entre la Région Bourgogne Franche-Comté et le Département du Jura permet à ce dernier de rester présent en matière de développement économique pour les secteurs de l’agriculture (dont la pêche et l’aquaculture), de l’agroalimentaire et de la forêt – avec en prime une compétence tourisme partagée (Communes, Département, Région).

Ce cadre réglementaire permet de cartographier les champs d’actions, le dispositif se nommant Avenir Agriculture Jura concerne les collèges (restauration collective), le social, l’aménagement foncier et le soutien aux syndicats agricoles et aux manifestations agricoles et viticoles.

De surcroît, le Programme de Développement Rural (PDR, période 2015-2020) propose des dispositifs de modernisation agricole. Les bâtiments d’élevage, la réduction des intrants, les performances énergétiques et la diversification agricole sont concernés par ce PDR, financé par l’État, la Région, le Département, l’Agence de l’eau et le FEADER (crédits délivrés par l’Union européenne).

Conscient de l’importance des enjeux liés aux mondes agricole, économique et environnemental, le Conseil départemental continue de soutenir fermement et activement un univers qui implique la (sur)vie de la planète. C’est ce qu’on appelle « agir micro-local, penser global ».

 

AVENIR AGRICULTURE JURA – DES COMPÉTENCES CIBLÉES

Avenir Agriculture Jura comprend plusieurs programmes d’actions, qui égrènent les interventions par compétence. Revue de détails et des aides versées aux structures-supports.

Compétence Social (49.000 € en 2019)

Le Service de Remplacement, comme son nom l’indique, permet à l’exploitant agricole de se faire remplacer en toute sérénité. Ce service dispose de 6 équipes de salariés réparties sur tout le département (6 secteurs). Il intervient en cas d’événements à fort impact (accident, maladie, risques psycho-sociaux, décès) mais aussi pour pallier les absences anticipées (week-ends, congés).

Un autre dispositif, porté par Solidarité Paysans Jura, concerne l’accompagnement des familles agricoles en difficulté.

Compétence Aménagement foncier (9.600 € en 2019)

Le Département intervient dans le domaine forestier, notamment sur le versant de l’aménagement foncier. Une action particulière (4.000 €) consiste à identifier les biens sans maître. Le Conseil départemental travaille déjà avec le Centre régional de la propriété forestière (CRPF) sur la nécessaire restructuration foncière – la parcellisation des terres agricoles et forestières nuit à une bonne gestion/exploitation des territoires.

Les bénéficiaires sont les communes propriétaires de forêt.

L’Union régionale des Communes Forestière de Bourgogne Franche-Comté (Uracofor) porte l’action sur le plan communale et le CRPF sur le plan de la restructuration.

Par ailleurs, la transversalité des enjeux qui se posent sur le plan du foncier agricole, qu’il s’agisse d’enrayer la disparition des terres ou de faciliter l’accès au foncier, amène à envisager des dispositifs de repérage sur le foncier disponible. C’est pourquoi le Département soutien la démarche de veille foncière citoyenne proposée par l’association Terres de Liens (5.600 €). Ce dispositif, s’engageant en trois phases (Repérage – Diagnostic – Négociation) permet de repérer les terres disponibles afin de faciliter l’installation des agriculteurs.

Compétence Collèges (15.500 € en 2019)

Au Département appartient la gestion des collèges ; à ce titre il intervient directement sur la restauration collective via la plateforme Agrilocal (lire le focus sur Salins-les-Bains).

Agrilocal est un dispositif original à double effet :

  • développement et soutien d’une offre en produits locaux ;
  • préservation de l’environnement (réduction de l’empreinte carbone et maintien d’espaces agricoles et naturels)

Agrilocal, plateforme numérique portée par le Département avec l’appui technique de le Chambre d’Agriculture (12.500 €), est un outil mettant en relation fournisseurs locaux (viandes, fromages, légumes, fruits, etc.) et restaurations collectives.

Une démarche Bio vient compléter Agrilocal, démarche animée par l’Interbio Franche-Comté en lien avec le GAB (Groupe des AgroBiologistes) du Jura (3.000 €).

Compétence Tourisme (10.000 € en 2019)

Favoriser l’attractivité touristique avec une alimentation de proximité, avec des circuits courts – du producteur au consommateur. Tel est le but de cette action (2.000 €) portée par la Chambre d’Agriculture.

De son côté, le Syndicat de bleu de Gex Haut-Jura assure la promotion (3.000 €) de trois fromages bleus doux AOP soit le Bleu de Gex Haut-Jura, le Bleu du Vercors Sassenage, la Fourme de Montbrison (Département de la Loire). Objectif, les crémeries lyonnaises !

Enfin, l’Association Nationale du Cheval de Trait Comtois promeut la qualité et l’amélioration génétique de la race Cheval de Trait Comtois. Le Département la soutient (5.000 €) au travers d’actions qui contribuent à l’attractivité touristique : des manifestations grand public (avec le concours de trait comtois) et la promotion de produits locaux (viande chevaline).

Compétence ENS Espaces Naturels Sensibles (62.000 € en 2019)

Le Conseil départemental a octroyé 52.000 € à la Chambre d’Agriculture en 2019 dans le cadre d’actions Agriculture et Territoires. L’agriculture jurassienne contribue de manière significative et durable au maintien des paysages et des espaces naturels remarquables. Cette thématique en contient plusieurs ! Tourisme, ENS, aménagement foncier, préservation des milieux aquatiques, protection des cours d’eau, agro-écologie, développement harmonieux des territoires….

Par ailleurs, les lieutenants de louveterie (3.000 €) et les piégeurs agréés (3.000 €) sont chargés de la protection des ENS contre les espèces classées nuisibles.

Enfin, les avancées scientifiques récentes sur les risques encourus par l’Homme dans les milieux naturels du fait des zoonoses responsabilisent les collectivités rurales sur les moyens attribués à la lutte contre ces maladies. C’est pourquoi le Département soutient l’ELIZ (Entente de Lutte Interdépartementale contre les Zoonoses) à hauteur de 4.000 € (en 2019), dans son étude des indicateurs permettant de prédire au mieux le risque encourus par l’Homme vis-à-vis des pathogènes transmis par les tiques et notamment la maladie de Lyme.

Compétence Milieux aquatiques et humides (38.600 € en 2019) 

La Chambre d’Agriculture est aidée par le Département à hauteur de 16.000 € (protection de la qualité de l’eau potable et protection des périmètres de captages) et de 22.600 € (assistance aux Collectivités pour le recyclage des boues d’épuration). Le recyclage en agriculture des boues d’épuration est la voie de traitement la moins coûteuse, la plus rationnelle et durable.

En ce qui concerne l’eau, le Département exerce une compétence forte (qualité, protection, assainissement, lutte contre les pollutions) qui devrait s’accentuer – la ressource en eau est un enjeu et un défi majeurs des années à venir.

 

MESURES PRO-ENVIRONNEMENTALES, DÉPARTEMENT ET RÉGION

Au titre de l’année 2019, le Département abonde la somme de 93.100 € finançant des mesures en faveur de l’environnement, ceci dans le cadre d’une convention avec la Région. Trois organismes aidés mènent chacun des missions différentes :

  • Interbio (29.000 €) développe, structure et anime la filière Bio, soutient les maraîchers, le Jura s’avérant propice à cette activité agricole de proximité.
  • La Chambre d’Agriculture (49.400 €) poursuit son engagement auprès et dans l’agro-écologie sur l’ensemble des territoires.
  • Enfin, l’antenne jurassienne du Réseau Cuma Franche-Comté (RCFC) reçoit une subvention totale de 14.700 € repartis sur trois volets, notamment celui de l’optimisation des épandages (solutions agro-environnementales) et de l’impact phytosanitaire (à limiter par un meilleur travail des sols).

 

MODERNISATION AGRICOLE, LE PDR DONNE DE L’AIR !

Le Programme de Développement Rural (PDR 2015-2020) bénéficie d’une autorisation de programmes de 2,1 millions d’€ soit 1 M€ de plus qu’en 2014.

Lors du BP 2020, 333.800 € de crédits ont été votés pour payer les dossiers engagés et à engager.

Qui dit modernisation/construction des bâtiments d’élevage suppose aussi leur insertion paysagère. Cet aspect précieux pour la qualité environnementale entre dans l’opération « aides à la construction, la rénovation et l’aménagement des bâtiments d’élevage ». Le taux de base du financement affiche 20 % (cofinancement crédits nationaux/Feader) qui peut être bonifié de 10 % (plafond de 8.000 euros) en cas d’insertion paysagère.

Ainsi, des préconisations (site, accès et réseaux, abords, matériaux et couleurs, plantations, aspect général) sont formulées par le Conseil d’Architecture Urbanisme Environnement (alias CAUE), partenaire du Conseil départemental.

Le CAUE instruit une bonne trentaine de dossiers (soit 540 euros par dossier) en 2020.

Indéniablement, le PDR donne de l’air aux trésoreries des exploitants agricoles jurassiens.

 

CHIFFRES EN STOCK

Le Jura se caractérise par l’excellence de ses filières au premier rang desquelles se placent les fromages (particulièrement le Comté, première AOC fromagère française en 1958) et les vins (en blanc… et jaune notamment).

Le Jura compte 11 AOP (Appellation d’Origine Protégée) et AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) : Comté, Morbier, Bleu de Gex, volaille de Bresse, Arbois AOC, l’Étoile AOC, Château-Chalon AOC, Côtes du Jura AOC, Macvin AOC, Crément du Jura AOC, Marc du Jura AOC.

Les statistiques (source Agreste 2016) dessinent l’identité d’un Jura profondément rural et agricole.

Un premier chiffre, de 2013 celui-là, donne le ton du profond bouleversement « agriculturel » jurassien. 10.201 exploitations en 1970, 2.966 en 2013, dont 1.764 moyennes et grandes ; 1.930 sont des exploitations individuelles.

On dénombre 65.607 vaches dont 55.575 laitières essentiellement de race montbéliarde pour un total de 160.766 bovins, élevés pour le lait. 306.358 millions de litres de lait (dont 13.602.000 en bio) ont été collectés pour un prix moyen payé aux producteurs de 469 € les 1.000 litres.

La collecte de lait pour la fabrication de fromages de vache représente 259.422 millions de litres qui permettent la fabrication de 26.684 tonnes de fromages AOP dont 23.470 tonnes de Comté et 1.938 tonnes de Morbier. 50 millions de litres sont transformés en autres fromages ou produits frais.

Quelques ateliers en production de fromages de chèvre et brebis méritent d’être signalés et sont orientés vers une vente en direct.

À noter également la fabrication de 90.000 tonnes de fromage fondu par deux entreprises (leaders nationaux) comptant plus de 1.400 salariés.

Sur le versant de la viticulture : 2.162 hectares en production dont 2.002 en AOP, 67.928 hectolitres de vins blancs dont 63.111 AOP, 26.084 hectolitres de vins rouges dont 23.254 en AOP.

Deux autres filières pèsent lourd dans l’économie départementale.

La filière végétale dont les productions traditionnelles en céréales et oléo-protéagineux représentent respectivement 36.000 hectares pour 250.000 tonnes et 14.000 hectares pour 5.000 tonnes de grains. Une très forte diversification fait aussi l’originalité de notre territoire allant de la production de semences au maraîchage sur de très petites structures.

La filière animale aux fins de production de viande (48.000 animaux) engraissés pour l’abattage avec un volume produit de 10.000 tonnes de viande bovine issue de races spécialisées et 4.000 tonnes de porc (notamment pour l’IGP Morteau).

L’industrie agroalimentaire est bien présente dans le Jura et pèse tout son poids dans l’économie départementale. Les coopératives fromagères et viticoles font partie intégrante du paysage socio-économique à qui elles apportent dynamisme et notoriété.

Côté Forêts, le Jura est le premier département de la Région en termes de récolte de bois d’œuvre soit 431.886 m3 dont 58 % de bois certifiés. Il produit aussi 108.446 m3 de bois énergie. Le Jura compte 95 entreprises liées au bois (2ème place régionale) dont 85 en exploitations forestières et 29 en scierie – ce chiffre s’explique par le fait qu’une même entreprise forestière peut mener les deux activités.